TAFAA – ALL I NEED NOTHING LESS NOTHING MORE

En traversant le sous-bois, les visiteur·ices entendent une nuée de mouches qui se rapproche, s’éloigne, s’agite.
Pourtant, elles restent invisibles. L’origine du son, immédiatement reconnaissable, demeure impossible à localiser. Quelque chose semble là, sans jamais apparaître : une présence absente dont les mouches deviennent le seul indice, comme si elles gravitaient autour d’une charogne invisible.
Durant le temps de l’exposition, l’activité de ces mouches factices suit la temporalité d’une décomposition invisible, sans qu’aucun corps ne soit jamais donné à voir. La charogne n’existe ici que comme hypothèse sonore, reconstruite par la prolifération calculée des insectes.
Chloé Delarue joue de la dissociation entre la perception du son et son origine indécelable. Les mouches, générées artificiellement et diffusées par des haut-parleurs dissimulés, composent une présence uniquement perceptible à travers leurs trajectoires et leurs variations sonores.
Cette sculpture sonore en temps réel explore ainsi nos perceptions troublées, où ce que l’on entend se détache de ce qui le produit. Le bourdonnement devient alors une forme de ritournelle : un motif évolutif, sans origine perceptible, où la dégradation elle-même est rejouée sous une forme synthétique.

