Reliques d'une mer évaporée

En contrebas du chemin
9
Hunter Longe Reliques d'une mer évaporée
Datation: 2026
Technique: Gypse, bronze

Sous les arbres et sous les chemins du parc de Szilassy reposent les vestiges de l’océan Téthys. En se retirant lentement, il y a plus de 200 millions d’années, cet océan a laissé derrière lui non seulement le sel pour lequel la région est connue, mais également d’importants gisements de gypse. Largement utilisé dans la construction sous forme de plâtre, ce minéral devient, dans le projet de Hunter Longe, une manifestation matérielle du genius loci, témoignant de l’influence subtile que des temps lointains continuent d’exercer sur le présent.

Le gypse peut apparaître blanc, gris ou, dans sa forme cristalline la plus pure, presque transparent. Longe s’intéresse ici aux formes que le gypse adopte sous l’effet de l’érosion, des formes qui évoquent parfois des ruines, où une intervention humaine semble perceptible. Afin de révéler ces formations autrement invisibles, l’artiste a collaboré avec une sourcière et un sourcier, également formé·es en géobiologie. Ensemble, ils ont identifié des zones du parc où le gypse affleure, où d’anciens cours d’eau avaient circulé et, lorsque cela était possible, où ces tracés croisaient des phénomènes énergétiques.

À ces emplacements, une série d’excavations, évoquant des tombes, fait écho au cimetière familial des Hope-Szilassy situé dans le parc. De ces ouvertures semblables à des sépultures émergent de petites statuettes de gypse fortement érodé qui se dressent comme des gardiennes silencieuses. Elles rappellent les Lares, divinités romaines protectrices des lieux, des figures parfois désignées comme des genii loci. Excavations et statuettes révèlent des formations qui entretiennent une certaine ambiguïté : elles sont tout autant le produit de l’intervention de l’artiste que celui de siècles d’écoulement d’eau qui sculpte la matière.