Jonban

Jonban tire son inspiration des minarets vibrants du Menar Jonban, à Ispahan, dont la particularité repose sur la transmission du mouvement d’une tour à l’autre. Activés par l’intervention humaine, ces minarets instaurent une relation directe entre les personnes qui les mettent en mouvement, le geste et l’architecture, transformant ainsi un site historique en une expérience sensible et vivante. Ce phénomène fait du monument un espace de connexion immédiate avec son histoire, ravivée à chaque interaction.
À l’heure où le numérique prend une place croissante dans nos vies, il n’est pas rare de souhaiter se « reconnecter à la terre ». Cette expression évoque un ancrage physique dans le territoire et la nature, dont Shirin Yousefi prend le contrepied : Jonban propose au contraire de s’élever et de se rapprocher du ciel, rappelant le geste de retraite de Siméon le Stylite, qui passa trente-sept ans au sommet d’une colonne.
Les dimensions de l’escalier invitent à une ascension à deux, chaque personne empruntant un accès distinct et progressant dans la spirale avant de se rejoindre au sommet, où les trajectoires convergent. La montée dans la tour permet de ressentir les liens qui nous unissent à l’architecture comme espace de vie, même brièvement. Au sommet, c’est le parc, dans sa relation aux espaces bâtis, qui devient perceptible.

