Alors que les paupières se ferment, l'ouïe se confond avec les autres sens et tout devient son

Dans la partie inférieure du parc, sur une parcelle dédiée anciennement au potager, se trouvent quelques ruches. La topographie en terrasse encastrée dans la pente filtre les sons industriels lointains, tout en faisant ressortir des événements sonores plus proches : les bruits de la ville en contrebas, les voix d'enfants, le roulement du train, le bruissement de la végétation. Les bourdonnements des abeilles leur font écho.
Alors que les paupières se ferment, l'ouïe se confond avec les autres sens et tout devient son est une invitation à prendre conscience de ce paysage invisible et évanescent. Dissimulés dans des cabanons en épicéa, des haut-parleurs diffusent une bande-son composée des différentes sonorités du parc, captées sur place. S’ajoutant à l’existant, ces sons délimitent une zone où le paysage sonore acquiert une nouvelle épaisseur subtile qui le met en valeur sans le dénaturer.
Parfois, le son diffusé s'interrompt brusquement, rendant paradoxalement son existence perceptible. Cet arrêt soudain ne laisse pas la place au vide, au contraire : il démasque l'environnement sonore et incite le public à tendre l’oreille vers des éléments à peine perceptibles.
Olga Kokcharova invite à déplacer l'attention de la vue, sens souvent sollicité par les arts plastiques, vers l’ouïe, afin de découvrir la multiplicité des sons d’origine humaine, animale ou végétale. Le paysage sonore devient ainsi partie intégrante du parc et de la visite.

